Obama deux mandats, deux visages

Pentagon

23 Mai 2016 - par Marguerite

Obama deux mandats, deux visages

Pentagon

23 Mai 2016 - by Marguerite

Exilée depuis sept ans à Los Angeles en Californie, la Francaise Marguerite de Bourgoing n’a connu qu’un seul président à la tête des États-Unis d’Amérique. Réalisatrice de documentaires, notamment un sur le hip hop & internet (cf : « Le monde est à toi »), elle fut immédiatement séduite par l’image que véhiculait le premier président noir depuis l’indépendance. Dans un pays où les tensions raciales n’ont jamais réellement cessé de perdurer, elle a constaté de ses propres yeux à quel point il était délicat de gérer cette question, y compris lorsque l’on détient les rênes d’une puissance mondiale. Récit…

Je suis arrivée aux États-Unis en janvier 2009 le mois où Obama officiellement prit ses fonctions de président. J’ai gardé les coupures de journaux où les photos du couple présidentiel en tenue de bal, annonçaient une nouvelle ère à la Maison Blanche avec des hôtes exsudant un charisme jamais vu depuis les Kennedy. Si John & Jackie détonnaient avec leurs origines catholiques pour l’un et françaises pour l’autre, rien ne prédisposait Michelle & Barack à devenir la famille la plus importante des États-Unis. A sa naissance,  l’union des parents de Barack était encore illégale dans beaucoup d’états d’Amérique (il fallut attendre 1967 pour que les mariages mixtes soient autorisés) tandis que les ancêtres de Michelle LaVaughn Robinson étaient nés dans la servitude à travers le pays.

 

Photo 2 Obama

 

Entre paillettes et huile de coude

La campagne d’Obama placée sous le signe de l’espoir incarnait un changement à la mesure du symbole d’avoir une famille noire à la maison blanche. Jusqu’à ce jour, cette campagne fut le plus grand mouvement canalisant la force d’internet comme outil de recrutement. Relayée par les artistes de tout bord mais en particulier par la génération hip hop, on se souvient en particulier de l’image iconique du président créée par le street artiste Shepard Fairey dans un moment d’inspiration. Avec ce souffle nouveau, on entrait disait-on dans une Amérique post-raciale qui se voulait au delà des clivages politiques.

Évidemment cet optimisme fut de courte durée car une fois l’engouement passé, arrivèrent les questions épineuses. Obama du très rapidement faire face à la crise économique qu’il avait héritée de ses prédécesseurs et sa première initiative fut de sauver l’industrie automobile. Tout au long de sa campagne puis de ces mandats Obama s’est voulu avant tout le président de tous. On retient surtout de son premier mandat la couverture médicale universelle, probablement sa plus grande victoire de président (encore que la capture d’Oussama Ben Laden fut probablement son plus grand coup de RP). C’est dans le domaine de la politique internationale qu’Obama monta le plus de continuité avec la politique de ces prédécesseurs, de la guerre en Libye, le maintien de Guantanamo Bay (en dépit de ses promesses), les drones au Pakistan, le soutien à l’Etat d’Israël, etc. Dans l’ensemble sa gouvernance ne fut pas aisée, n’ayant pas les bras aussi longs que certains de ses prédécesseurs, il peina pour obtenir la majorité dans plusieurs de ses motions (comme la régulation des armes à feu, la hausse du salaire minimum ), ce qui engendra sa perte de la main de l’assemblée en 2011.

A la fin de son premier mandat les commentateurs avaient note le grisonnement de ses cheveux. Malgré ces difficultés Obama fut réélu pour un second mandat sans trop de difficultés, preuve qu’une majorité de l’Amérique l’avait adopté. En même temps on assistait a une montée du parti libertaire le Tea Party, signe d’une Amérique aussi volatile et divisée où les épithètes racistes et dérogatoires n’ont cessé de fuser envers le président. On se souvient d’un certain Donald Trump mettant en cause le lieu de naissance du président suggérant son affiliation à des mouvements terroristes et questionnant sa légitimité de gouverner.

 

Photo 3 Obama

Nul n’est prophète en son pays

Or nul événement ne révéla autant la fracture américaine que l’affaire « Trayvon Martin », ce jeune adolescent afro-américain abattu un soir près de chez lui par un « wannabe » vigile qui voyait en ce jeune noir vêtu de son sweat à capuche une personne suspicieuse. Au fil des mois, cette affaire prit de plus en plus d’ampleur jusqu’au week-end où le meurtrier fut innocenté  pour auto défense dans un verdict qui divisa l’Amérique. Le week-end du verdict connut le plus de gens se « dé-friendant » sur la plateforme Facebook. Obama sentant la gravité du moment fit un des discours les plus remarquables de sa carrière ou il tenta d’expliquer à une Amérique blanche ce que c’était de vivre dans la peau d’un noir. « Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin », dit-il. C’était la première fois qu’Obama le président de tous prenait un ton si personnel. Ce fut aussi une des dernières. A la suite de cette affaire le second mandat d’Obama fut marqué par la montée du mouvement #blacklivesmatter.

VIDEO

Le speech d’Obama sur Trayvon

 

Le mirage d’une société post-raciale se fracassa brutalement. Avec internet et la prolifération des cameras portables, les violences policières envers les « Latinos » et les « Noirs » devinrent de plus en plus visibles, mais nul événement ne marqua autant les esprits que lorsque les habitants de Ferguson, une banlieue de St Louis, se soulevèrent à la suite du meurtre du jeune Michael Brown aux mains d’un policier. Pendant plus de dix jours la ville était en feu sous le regard halluciné du reste du monde grâce à un cirque médiatique où l’on voyait s’affronter les forces de l’ordre s’improvisant en une sorte de milice armée et les locaux rejoints par des journalistes et activistes venus du pays et monde entier. Pour la première fois Amnesty International, une organisation américaine agissant dans le reste du monde fit un rapport sur le sol américain. La réponse du président elle, fut une déception pour beaucoup, le président de tous condamna fermement les violences des émeutiers et dépêcha le procureur général Eric Holden,  mais se garda bien d’intervenir directement. Le rapport sur Ferguson rendu un an plus tard fut accablant sur la corruption qui y règne depuis des années et où les autorités municipales exploitent les habitants financièrement et moralement. Les mois qui suivirent Ferguson de nombreux autres cas de brutalités policières comme Eric Garner ,mort étranglé sur la voie publique à New York par un policier, firent la une et à chaque fois, les forces de l’ordre furent acquittées. Ironiquement c’est avec le premier président noir-américain qu’il devint évident que la question noire aux États-Unis était tout sauf réglée.

 

Photo 4 Obama

 

Sans compter le fait que Chicago le bastion politique d’Obama, connaît jusqu’à ce jour un des taux les plus élevés d’homicides d’afro-américains, avec des chiffres qui rappellent ceux d’une guerre civile.  De sorte que, paradoxalement parlant, dans le pays du «communautarisme » et de « l’affirmative action », le premier président afro-américain des États-Unis n’aura pas particulièrement fait progresser le problème (notamment le racisme structurel des États-Unis et les inégalités craintes entre cette communauté et les autres), à l’inverse d’autres questions comme le mariage pour tous, l’écologie et même l’éducation. La campagne des #blacklivesmatter, elle, est devenue signifiante au point que les deux prochains candidats démocrates ont été appelés à se prononcer sur le sujet.

Pour conclure, s’il prendra sûrement des années avant de comprendre pleinement l’héritage d’Obama, un président avant tout centriste, doté d’un grand pragmatisme, une chose ne fait aucun doute, l’image nouvelle qu’il aura apporté à la présidence restera gravée pour de nombreuses années. Pour le reste du monde occidental par exemple, où le multi-culturalisme est un état de faits, elle devient un modèle référent en terme de progrès, car même si la figure d’Obama relève avant tout du mythe du super homme (la personnalité irréprochable que l’on retrouve dans chaque communauté et qui met à mal ceux qui ne sont pas aussi « parfaits » que lui), elle représente un idéal vers lequel tendre. La récente élection du premier maire d’origine pakistanaise à Londres se situe dans cette mouvance. C’est également tout à son honneur qu’on aura rarement vu un homme politique de cette stature avec autant d’élégance maniant l’humour et le sens de l’auto-dérision avec une telle perfection. De fait, quand il quittera la Maison Blanche avec sa famille, il manquera à beaucoup de gens car son héritage dépasse les simples faits, il est l’auteur d’un style nouveau.

 

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Obama fait son dernier discours pour l’association des correspondants de la Maison-Blanche et dans une classique référence au hip hop termine par un « mic drop » (le lâcher du micro)

 

 

Photo 5 Obama

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Réalisatrice de documentaires, Marguerite est basée à Los Angeles. Elle finit son premier long métrage "The World Is Yours" sur la montée d'une nouvelle génération d'artistes qui prend l'industrie du disque d'assaut, grace à internet.
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