La plus new-yorkaise des Californiennes

Focus

27 Oct 2016 - par The Dreaming

La plus new-yorkaise des Californiennes

Focus

27 Oct 2016 - by The Dreaming

picto-ghetto-blaster

Cet automne, Suzanne Vega a fait une escale parisienne (au Flow à Paris), pour présenter son nouvel album, Lover Beloved : Songs from an Evening with Carson McCullers. L’occasion de redécouvrir une artiste singulière qui, si discrète ces dernières années, n’a jamais cessé de publier des albums dont la qualité, parfois inégale, n’a en rien remis en question le respect qu’inspire depuis des décennies cette chanteuse rare…

Quand elle apparaît sur la scène de la péniche du Flow, en ce vendredi d’octobre, on a l’impression de retrouver une vieille copine. Bien que presque sexagénaire (elle est née en 1959 en Californie, avant de déménager à New York, où elle a grandi), Suzanne Vega n’a rien perdu de cet aspect juvénile qu’on lui connaît depuis toujours : look d’éternelle étudiante en littérature, discrète, intello (mais pas trop), zéro esbroufe vestimentaire (tout au plus s’autorise-t-elle, sur scène, un feutre noir à la Bogart et une cigarette pour tout accessoire), sans chichi et pleine d’humour… bref : la parfaite « girl next door » (la fille d’à côté).

My name is Suzanne

Pendant une heure et demie, elle enchaîne les titres : pas mal du nouvel album, bien sûr, mais aussi des morceaux plus anciens, qui lui permettent de revisiter une discographie riche en temps forts, à commencer par les singles « Marlene on the Wall », « Small Blue Thing », « Caramel », « Left of Center », « In Liverpool » et surtout (évidemment) l’inusable « Luka » hit international qui a révélé Suzanne Vega au monde entier, il y a une trentaine d’années (déjà !)… sans oublier le fameux « Tom’s Diner », dans une version proche de celle qui rendit célèbre ce morceau originellement a capella (devenu, entre les mains de DNA – deux DJ anglais particulièrement bien inspirés –, un tube dance d’une redoutable efficacité, au début des années 90).

C’est en 1985 que Suzanne Vega apparaît, avec un album éponyme, en apparence modeste : court, sans fioritures particulières, ne cherchant pas à en mettre plein la vue, Suzanne Vega n’en est pas moins un disque d’une délicatesse désarmante et d’une maîtrise remarquable. On y trouve déjà quelques perles de toute beauté, comme « Freeze Tag », « Cracking », « Marlene On The Wall », « Small Blue Thing » ou « Some Journey ».

Le cap du deuxième album, souvent fatal à bien des groupes ou chanteurs, sera, pour Suzanne Vega, synonyme de fortune : porté par l’imparable « Luka » (à ce jour le plus gros tube de la chanteuse… ce qui est assez cocasse, quand on sait qu’il y est question d’un enfant battu… Un thème pas particulièrement répandu dans le monde rose bonbon des pop songs), Solitude Standing (1987) est l’album de la consécration. Plus varié que son prédécesseur, plus mature aussi, il fourmille de titres qui portent haut l’exigence de qualité : « Iron Bound », « Night Vision », « In The Eye », « Language », « Solitude Standing » (l’un des sommets de l’album)… C’est simple : on dirait un best of !

Difficile, après un tel coup de maître(sse), de faire mieux. Et, de fait, le successeur de Solitude Standing souffre de la comparaison. Pourtant, Days Of Open Hand (1990), même s’il est clairement un album en demi-teintes (à l’image du single qui en est tiré, le médiocre « Book Of Dreams »), comporte de jolis moments : « Tired of Sleeping », « Those Whole Girls », « Room Off The Street » et (surtout) l’excellent « Men In A War » incitent finalement à une bienveillante indulgence.

Un virage bien obtus

Suzanne Vega comprend vite qu’il fallait redresser la barre sans tarder, en se renouvelant. C’est très précisément ce qu’elle fera, deux ans plus tard, avec ce qui pourrait bien être son chef-d’œuvre. Avec sa pochette orange vif un peu trash, avec ses touches électro et son ambiance industrielle, 99.9° (1992) est un disque qui, d’abord, étonne (voire qui peut dérouter, éventuellement). Le premier morceau (« Rock In This Pocket ») annonce la couleur d’un album nerveux, court (ramassé, plutôt, comme pour affirmer une volonté d’aller droit à l’essentiel, sans détour, sans temps à perdre), expérimental (« 99.9° », « Blood Makes Noise »), mais aussi, malgré tout, terriblement mélodieux (« In Liverpool », l’une des plus belles chansons de Suzanne Vega, toutes périodes confondues). Près de 25 ans après sa sortie, 99.9° n’a rien perdu de sa force.

La suite est plus pépère. Après le très réussi Nine Objects of Desire (1996), Suzanne Vega alignera des albums plus convenus (mais jamais de mauvais goût, c’est déjà ça !) : si Songs in Red and Gray (2001) et Beauty & Crime (2007) proposent encore quelques titres réussis (le single « Penitent » ou « Widow’s Walk » sur le premier et, sur le second, « Zephyr & I », « Frank & Ava » ou le magnifique « Pornographer’s Dream »), il n’y a, en revanche (et hélas !) pas grand-chose à sauver sur le trop lisse (et étonnamment peu inspiré) Tales from the Realm of the Queen of Pentacles (2014).

Humainement irréprochable

Entre temps (de 2010 à 2014), Suzanne Vega a sorti la série des Close-Up, quatre albums qui rassemblent, rangées par thèmes (« Love Songs », « People & Places », « States of Being » et « Songs of Family »), d’anciennes chansons revisitées à la sauce acoustique : au-delà d’une écoute polie (histoire de vérifier que la voix est toujours là) et non dénuée de plaisir (à défaut de surprise), l’intérêt de l’entreprise est, en réalité, mineur (seuls les fans y trouveront réellement leur compte)… Tout ça n’est, certes, pas désagréable, mais cet exercice unplugged, somme toute assez attendu, ne dépasse pas le stade de l’anecdotique…

Jusqu’à ce Lover, Beloved: Songs from an Evening with Carson McCullers, donc, fraîchement sorti (octobre 2016), qui, avec son ambiance façon Broadway (il s’agit de chansons pour une comédie musicale) et la variété de titres tour à tour feutrés ou enlevés (« Carson’s Blues », « New York Is My Destination », « Harper Lee », « Lover Beloved », « Carson’s Last Supper »…), vient peut-être changer la donne, ou du moins redonner l’espoir que l’inspiration n’a pas encore totalement déserté la chanteuse : il faut s’en réjouir car, si la carrière de Suzanne Vega (en forme d’école buissonnière, spécialement ces dernières années) a connu des hauts et des bas, le capital sympathie dont elle jouit depuis ses débuts est resté, quant à lui, inentamé. Le show intimiste qu’elle a donné à Paris cet automne a d’ailleurs permis de le mesurer.

Suzanne Vega lors du concert à Paris au Flow (Crédits : JC Murgia)

Suzanne Vega lors du concert à Paris au Flow
(Crédits : D. Rougier)

Tout comme il a permis de vérifier combien Suzanne Vega a gardé intacts, non seulement ce grain de voix chaleureux qui la caractérise, mais aussi ce sens de la composition d’un raffinement extrême, qui fait d’elle, aujourd’hui encore, l’une des « female songwriters » les plus importantes et influentes depuis Joni Mitchell ou Rickie Lee Jones, ouvrant la voie à quelques folkeuses plus ou moins inspirées, telles Michelle Shocked, Syd Straw, Edie Brickell, Tanita Tikaram, Tracy Chapman ou Laura Veirs…

S’il fallait retenir 3 albums :

1 : 99,9° (1992)

999

2 : Solitude Standing (1987)

ss

3 : Suzanne Vega (1985)

suzanne

(Sources US-full.com)

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